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INTRODUCTION

Les problèmes d’alignement dentaire et d’occlusion bien équilibrée ont, pour le fonctionnement et l’équilibre crânio-cervical, la même occurrence que les problèmes de dos pour l’équilibre et le bon fonctionnement général, d’autant plus que les deux sont souvent étroitement liés : ils sont en évolution constante et concernent plus de 50% de la population, à un moment ou un autre de l’existence, mais pour une durée qui devient permanente, chronique, et souvent invalidante par intermittence.
Même si l’on s’adapte plus ou moins régulièrement au déséquilibre et aux « grincements » des rouages de toute notre mécanique crânio-dentaire, les malocclusions, c'est leur nom, n’en constituent pas moins, au mieux un relais, au pire une source, de dégradation de tout notre système de santé en général. Mais ceci se fait si lentement au fil des ans, en interrelations avec d'autres problèmes, que les malocclusions sont encore beaucoup trop ignorées et négligées.


Ceci au-delà de toutes les considérations esthétiques qui méritent un développement propre (voir tout à la fin) : à l’ère de l’image,du «look», les problèmes d’alignement dentaire sont le plus souvent abordés par le biais de l’esthétique, alors qu’en fait, il n’y a pas de contradiction, mais plutôt simplement réduction du champ de vision : un système en équilibre est esthétiquement harmonieux, et physiologiquement sans problème, et l'inverse est tout aussi vrai : si l'on enquête un peu sur les gens qui présentent une malocclusion inesthétique, la plupart présentent aussi, dans un premier palier, des problèmes de santé des problèmes de santé et de dégradation des dents elles-mêmes, mais aussi et surtout des problèmes de dysfonctionnement avec épisodes douloureux parfois intenses, de toute la chaîne dorso-crânio-faciale. Ce seront le plus souvent des craquements de l'une ou l'autre des deux articulations temporo-mandibulaires, avec douleurs, migraines ou blocages ou tensions récurrentes, allant progressivement jusqu'aux vertèbres cervicales et aux épaules, pour rejoindre et s'associer ensuite aux problèmes de dos et de vertèbres lombaires.


Tous ces patients, soit 50% de la population au minimum, s’éparpillent entre les différentes spécialités médicales concernées à un moment ou un autre de leur processus déformant : le dentiste le plus souvent, l’orthodontiste, le logopédiste, (ou orthophoniste) puis l’ostéopathe, le physiothérapeute, puis le médecin otorhinolaryngologiste (ORL), l’ophtalmologue, le vertébrothérapeute, le chirurgien maxillo-facial, le pneumologue, le podologue…etc, sans oublier le pédiatre (*) et le médecin généraliste bien mal armés pour faire un lien, coordonner ou orienter. (13 spécialités ! sans compter le paramédical et la sphère psychosomatique…).

(* voir J. Valleteau de Moullac «le pédiatre et la santé bucco-dentaire de l’enfant» in revue d’O.D.F. vol.36 num.3 /sept. 2002 p.283-287.

 

Cette longue introduction pour tenter de corriger la dérive de l’opinion publique qui rejoint celle de l’attitude médicale : les dents sont séparées du reste du corps, tout comme les différentes spécialités médicales sont beaucoup trop  séparées les unes des autres, avec une montée du paramédical pour combler les béances. 
L’orthopédie dento-faciale (ODF) participe donc à cette étape cruciale de la médecine et de la santé, écartelées par des tensions de plus en plus paradoxales et schizophrènes selon 4 axes principaux :

 

  • Les progrès considérables de toutes ces spécialités médicales, qui élargissent le champ des compétences et des thérapeutiques mais alourdissent la complexité et le poids des connaissances nécessaires. (avec un souci croissant pour la formation et la transmission générationnelle).
  • La difficulté exponentielle de mise en relation et en synthèse autour de problématiques médicales spécifiques, mais en même temps évolutives et transversales, en devenant transdisciplinaires. Ceci au risque de plus en plus d’erreurs médicales.
  • Une multiplication et une diffusion anarchique des « savoirs parcellaires » (Umberto Ecco) qui rencontre une montée criante de l’inculture générale, pour aboutir entre autres à de plus en plus de difficultés à trouver le passage durable entre le savoir, l’expérience et un produit ou un service suffisamment valable ou stable. (exemple anecdotique des ailettes nasales pour le joggeur du dimanche...parce qu’on a découvert que la ventilation nasale améliorait le refroidissement cérébral, et donc l’efficacité et les performances...).