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La phase de prévention fonctionnelle (" training-test ") :(à bien distinguer de la première phase de traitement orthopédique globale précoce) Lorsque le bilan indique un problème de niveau 1, limité, sans atteinte du champ postural, et avec des perturbations fonctionnelles mineures ( en général une persistance de la succion-déglutition infantile, avec mauvaise habitude de respiration buccale, plus par incompétence labiale, lèvres molles toujours ouvertes, que par réelle obstruction ventilatoire nasale) La plus sérieuse justification de cette phase fonctionnelle est neuro-musculaire : chaque jour de nouveaux travaux en neurobiologie nous font mieux comprendre le mécanisme précoce de l’apprentissage au niveau synaptique, et donc l’importance de la correction par la répétition précoce pour la rééducation. (par ex.: Nature Neurosciences 7 septembre 2009). L’idéal serait de remettre en place des circuits neuromoteurs permettant des fonctions correctes avant l’âge de 7 ans, car la mise en place des incisives définitives et la prise de contact neural entre celles du haut et celles du bas, permet de rattraper le non-apprentissage antérieur et de stabiliser la nouvelle cinétique linguale avec toutes les pressions qui l’accompagnent. (revoir la mise en place des dents en parallèle avec la maturation neuro-musculaire, à la fin du chapitre « infos-sciences »). Ce qui signifie qu’attendre 12 ans ne peut que compliquer les choses et rallonger les traitements, d’autant plus qu’à cet âge le patient n’est pas du tout dans sa période de plus grande patience... En réalité, étant donné le côté peu spectaculaire de la malposition, les parents s’inquiètent en général en cours de sortie de ces grosses nouvelles incisives qui, bien entendu, s’orientent mal sous le déséquilibre des pressions et rendent l’aspect esthétique d’autant plus inquiétant.
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| | | | |  |  |  | durée 12 mois + maintien-surveillance jusqu'à sortie et contact des incisives supérieures
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Après vérification par un bilan complet, y compris les radiographies, c’est une phase qui peut se faire sous le contrôle des parents et selon l’intensité du problème, une orthophoniste ou logopédiste, ou parfois même un kinésithérapeute ou physiothérapeute, selon la tendance évolutive de la posture. Sans autre complication soulevée par le bilan, l’instrument de choix est une gouttière de repositionnement lingual et de stimulation de la ventilation nasale que l’enfant portera de manière variée selon son degré d’atteinte, et son profil psychologique. Dés le premier mois, avec l’aide d’un calendrier, on peut voir l’évolution de la stimulation fonctionnelle, et corriger le cap en modifiant les heures de port ou en examinant plus profondément les fonctions, en général : la respiration par le nez, car si l’enfant n’arrive pas, en 1 mois, à garder l’appareil une seule nuit, il y a lieu de soupçonner une difficulté de ventilation nasale. Le problème c’est qu’elle sera forcément discrète (sinon d’autres signes nous auraient alerté avant et nous aurions procédé différemment) et lorsqu’une dysfonction est discrète, peu de spécialistes des autres disciplines, particulièrement O.R.L., peuvent faire grand chose, il faut donc réagir en finesse et suivre des procédures basées sur la proprioceptivité, fournies par l’expérience et la culture du praticien, comme ici, le fait de rajouter du composite sur les incisives inférieures fraîchement sorties pour accélérer la prise de contact neuro-sensorielle entre denture du bas et denture du haut et induire un repositionnement maturatif de la langue qui prolongera dans la journée les nouvelles données acquises chaque nuit avec la gouttière...accompagnée d’exercices respiratoires et posturaux biquotidiens, une meilleure fermeture des lèvres peut s’accompagner d’une reprise de la ventilation nasale, à condition, encore une fois, que le bilan n’ait rien oublié...
 |  |  |  | L’incompétence labiale ce sont toutes ces perturbations fonctionnelles, en général reliées à un déficit de ventilation nasale, avec atonie des muscles des narines, et où la lèvre supérieure étant inactive, reste trop courte. C’est alors la lèvre inférieure qui est obligée de faire tout le travail, avec contraction des muscles du menton, ce qui repousse les racines des incisives inférieures vers l’arrière, et les couche vers l’avant... C’est un travail de remodelage extraordinaire = 2000 contractions / 24h. !
|  | | Pour plus de détails... |
Le traitement global ultra précoce : avec correction squelettique et fonctionnelle (Orthodontie pédiatrique*)Il est temps d’arrêter la grande confusion (qui profite surtout aux assurances) entre traitement fonctionnel précoce, ci-dessus et 1ère phase précoce de traitement orthopédique global qu’il faudrait peut être appeler ultra-précoce, ou orthodontie pédiatrique*, car il doit intervenir avant 7 ans et dont les motifs et les objectifs sont d’un tout autre ordre, car le bilan révèle une combinaison de déviations ou malpositions de niveau 2 ou plus, avec : • décalage squelettique moyen à élevé, dans 2 ou les 3 directions de l’espace • dysfonctions multiples et surtout déficit de ventilation nasale • problème de déséquilibre postural associé, primaire ou secondaire L’ensemble constitue une problématique transdisciplinaire et pour corriger toutes les facettes du problème, il faudrait commencer plus impérativement avant 7 ans, et organiser (et superviser) (*) voir bibliographie: Patrick Fellus.  | |  | Début = 7 ans
| Fin de la première phase
| 3 ans plus tard, sans 2ème phase |
en résumé = 18 mois de traitement orthopédique à 7 ans , suivi 3 ans de surveillance, avec de temps à autre une gouttière nocturne pour aider la ventilation nasale difficile à cause d’un terrain allergique, enfin une finition pour alignement serait souhaitable afin de parachever le résultat esthétique ( environ 6 mois). Avec une telle morphologie squelettique, en particulier une mandibule aussi courte et si peu de potentiel de croissance (petite taille familiale) un tel cas abordé à 11 ans aurait certainement demandé une intervention chirurgicale, tout à fait justifiée, pour avancer la mandibule. D’ailleurs, le traitement précoce en lui même n’a pas complètement résolu le décalage squelettique, puisqu’il y avait 10 mm de décalage au départ et il en reste encore 4 mm de trop sur la dernière radio de profil ci-dessus à droite. Début = 7 ans
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| Fin de la 1ère phase (18 mois)
|  |  | 11 ans et demi > 3 ans plus tard, sans 2ème phase (conseillée, en attente)
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Que nous soyons en classe 2 comme ci-dessus ou en classe 3 comme ci-dessous, plus bas, le 1er objectif de ces traitements est de rétablir une bonne largeur maxillaire pour compenser la partie due au maxillaire de la fameuse dysharmonie dento-maxillaire, mais surtout pour permettre le retour à une bonne ventilation nasale nocturne (voir les 2 premières lignes du maketplan ci-dessus, déjà vu dans le chapitre des cas traités). voir également les publications de notre ami le Dr. Thierry De Coster (Université de Bruxelles) à propos de la disjonction. La seconde étape est la restauration de la ventilation nasale nocturne : et là toutes les graduations sont possibles, ça peut être simple et rapide, comme ça peut être la galère et prendre des années, (dans les cas d’allergie par ex.) En fait, l’expérience nous fait distinguer 3 groupes à peu près égaux : ✤ Pour les moins atteints, une gouttière de rééducation avec quelques exercices quotidiens seront suffisants, en quelques semaines, grâce au gain volumétrique des voies nasales, il reprendront une ventilation nasale nocturne correcte nettement observée par les parents (amélioration du repos nocturne et de l’alimentation avec diminution de la nervosité) ✤ Pour le groupe intermédiaire, il sera nécessaire de galèrer pour trouver un médecin O.R.L. qui veuille bien intervenir sur les végétations ou les amygdales (tonsilles) ou les deux (voir chapitre «débats»). Là, le soutien du médecin pédiatre est capital... Il faudra également accompagner la rééducation par le soutien de l’ostéopathe ou le podologue, ou la logopédiste... encore une fois, tout est dans le bilan, car il existe de nombreuses combinaisons différentes. ✤ Pour le dernier tiers, malgré l’intervention des différentes disciplines concernées, la rémission se fera lentement au cours de la croissance qu’il faudra accompagner de point en point, car il y aura soit des allergies, soit une cloison déviée (opérée vers 15-16 ans, bien que...voir biblio: Raymond GOLA) soit un cumul de tout, en manifestation mineure, mais c’est justement ce cumul qui fait frein et accroit la difficulté ou la longueur ou le nombre des reprises au long de la croissance. Le principal est de savoir dés le départ dans quel groupe le jeune enfant se situe, afin de faire ses choix stratégiques en meilleure connaissance de cause, et de ne pas mener tout le monde en bateau pendant des années, un peu à courte vue, comme c’est encore trop souvent le cas, par manque d’expèrience et de collaboration transdisciplinaire.
|  | Encore une fois: que ce soit pour une classe 3, ci-dessus, ou une classe 2, ci-contre, il est vain de parler d’appareils, l’essentiel est de comprendre les objectifs et leurs enjeux. Le patient qui ne veut pas entrer là dedans, malgré la complexité, s’expose à un échec...
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La 4ème étape regardera les dents : si les incisives ont une position qui empêche la mise en relation des 2 arcades dans un équilibre correct, dans les 3 sens de l’espace, il faut alors aller jusqu’au bout et les aligner harmonieusement, comme ci-dessous. Ici les incisives supérieures sortent en supraclusion et enferment, verrouillent, la mandibule et si nous laissons dans cette position, nous allons retourner vers plus de classe 2. Il faut donc les aligner dans les 3 sens de l’espace (les « ingresser », les resserrer, et les reculer). Cette situation montre bien les difficultés de stabilisation de l’équilibre postural (cercle bleu sur les radios) et fonctionnel, bien connus ici. (déficit de ventilation nasale maintenant une déglutition infantile fortement ancrée...) d’où l’importance de la surveillance dans la 5ème étape. La 5ème étape est toute aussi importante que les 4 précédentes : il s’agit de la surveillance pour maintenir les acquis tout au long du reste de la croissance, et là, encore une fois, la fréquence des rendez-vous de surveillance et le type d’appareil utilisé vont dépendre du nombre de composantes négatives révélées par le bilan et les résistances aux phases précédentes du traitement. En général on retrouve la répartition en 3 groupes déjà indiquée plus haut: pour le plus simple, on utilisera une gouttière portée la nuit encore 3 ou 6 mois, puis arrêt sans rien, avec un contrôle par an. pour le plus compliqué: on garde un appareil de nuit plus ou moins actif, on espace les contrôles dentaires mais on continue les corrections dans les autres disciplines pour les dysfonctions résistantes (respiration et posture)... Le principal est que tout ceci ait été annoncé le plus tôt possible, et même dés le départ au moment du bilan. L’idéal, dans ces types de problèmes (environ 50% des cas) c’est lorsque l’orthodontiste, par son travail et son discours, amène le patient mais surtout ses parents, à comprendre l’orthopédie dento-faciale comme le travail du paysagiste (on devrait dire le «vaysagiste») qui intervient plusieurs fois au cours de la croissance pour aider le jeune arbuste à pousser droit... C’est ce que nous espérons avoir contribué à faire avec ce site. Conclusion = l'aspect psychologique  | Tout ce qui précède est de la théorie, même si nous l’avons largement mis en pratique: il est indispensable de revenir à l’enfant, à sa personnalité en construction et à ses capacités. Il faut garder la prudence, malgré l’urgence des malformations en cours de développement, de laisser le temps à l’enfant et très souvent surtout, au système familial dans son ensemble, pour intégrer, comprendre et accepter ce qui doit être fait...
En réalité, engager un traitement sans l’acceptation du principal intéressé c’est partir à l’échec programmé.
C’est pourquoi aujourd’hui, au stade où nous en sommes de notre expérience professionnelle, nous précédons chaque traitement d’une étude de faisabilité et d’une phase de « mise en concordance » entre exigences théapeutiques et perceptions du système familial.
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